Essais (philo, socio, anthropo…)

Pascal Bruckner, Une brève éternité, philosophie de la longévité, Grasset 2019.

Nous pouvons vivre vingt à trente ans de plus que ceux qui nous ont précédés. Que faire de ce temps qui équivaut à celui d’une vie entière aux siècles passés ?

Pascal Bruckner fait ici une revue de détail de ce qui se passe dans nos vies, nos corps et nos cœurs. Quelles incidences cette longévité génère-t-elle sur notre vie professionnelle, amoureuse, sociale, civique ?

Ce livre n’est surtout pas à ranger dans la catégorie « développement personnel ». Il ne donne sûrement pas de recettes pour bien vieillir. Il décrit, analyse et confronte la vie réelle des vieux aux descriptions et analyses de la vieillesse que la littérature (beaucoup) et la philosophie (moins) nous proposent.

J’ai particulièrement apprécié ce métissage, que réussit Pascal Bruckner, entre les narrations au premier degré et les emprunts aux œuvres et auteurs. En effet on croise aussi bien Monsieur et Madame Michu (i.e. vous et moi … ?) que Platon, Montaigne, Proust et les autres.

Somme toute, ce livre est assez léger pour être lu facilement et assez puissant pour nous donner à penser ce temps « en plus ». Et, at last but not least, je tiens à en souligner la grande qualité stylistique. Pascal Bruckner nous y offre de véritables bonheurs de lecture.

Brigitte Evano. Octobre 2019

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Roger Dadoun, Manifeste pour une vieillesse ardente, Zulma 2006.

La thèse est pour le moins pugnace : la vieillesse est l’âge agonique par excellence ! Agon= combat en grec. En douze chapitres incisifs Dadoun, psychanalyste et poète (cela s’entend dans les allitérations qui ornent avec bonheur son propos) montre et démontre comme vieillir c’est se battre. Contre soi, un peu, contre les préjugés beaucoup, contre les autres encore plus.

Roger Dadoun convoque tous ceux qui ont fait de la littérature, de la philosophie, de la poésie, i .e. de la culture le champ où se livrent les dernières et belles batailles. Hugo, Freud, Bachelard, Goethe, exemples parmi tant d’autres évoqués ici, furent de ces ardents qui ne posèrent le crayon qu’à l’extrême dernier moment.

Brigitte Evano